Salut,
Je travaille depuis un moment sur un projet qui s'appelle NAMÚ WAYS.
C'est une marque de voyage d'auteur (pour ne pas dire agence), dédiée au Costa Rica, mais avec une approche un peu inhabituelle. Avant de me lancer vraiment, et juste avant de partir sur le terrain rencontrer les communautés le mois prochain (juin 2026), j'aimerais avoir ton regard dessus.
Ce document n'est pas un business plan. Ce n'est pas non plus un document de communication officielle. C'est une manière au plus simple de te raconter une idée pas si simple, pourquoi elle existe, ce qu'elle essaie de faire, sans tout le chichi.
Ce qui m'intéresse : ce que ça t'évoque, ce qui te semble solide, ce qui te perturbe, et ce que tu ferais peut-être différemment.
J'ai besoin de tes retours. Honnêtes. Même critiques, surtout critiques.
Le plus important, tu le trouveras à la fin : quelques questions que je me pose et que j'aimerais que tu m'aides à creuser. Mais n'hésite pas à amener les tiennes.
Merci d'avance pour le temps que tu vas y mettre.
Beaucoup de voyageurs reviennent du Costa Rica avec le sentiment qu'il n'y a pas vraiment de culture, que tout est « occidentalisé ou standardisé ». C'est faux. Ce sont les circuits classiques qui produisent cette impression.
Le Costa Rica est devenu une destination très à la mode. C'est plutôt une bonne chose pour le pays, mais ça a aussi standardisé l'expérience. Le pays éblouit par sa nature, les plages, les volcans, les parcs nationaux, et beaucoup de voyageurs reviennent enchantés. Mais ils sentent souvent qu'il leur manque une connexion plus profonde avec la culture du pays.
Ce qui se dilue dans ce mouvement, c'est la culture vivante du Costa Rica. Les peuples originaires, Bribri, Boruca, Cabécar, etc. Les communautés rurales. Les gens qui portent encore une mémoire, des savoirs, une manière d'être au monde, la philosophie « Pura Vida ».
Toute cette part là se passe entre les étapes, et les circuits touristiques classiques n'y touchent jamais.
NAMÚ Ways essaie d'ouvrir un chemin vers cette culture vivante. Mais avec une logique renversée par rapport au tourisme habituel.
Tout est parti d'une question, posée aux communautés :
« Qu'est-ce qui vous enthousiasmerait de partager avec les visiteurs ? »
Cette question change tout. Au lieu de décider ce que les voyageurs « devraient voir », on part de ce que les communautés ont vraiment envie de révéler. De ce qui vient de leur fierté, de leur rythme, de leur culture vivante.
Dans le tourisme habituel, l'agence fabrique des produits, le voyageur choisit dans un catalogue, la communauté visitée s'adapte à la demande.
Chez NAMÚ, c'est l'inverse : ce sont les communautés qui décident ce qu'elles veulent partager : quoi, quand, avec qui, combien de fois. Si elles disent stop, on s'arrête.
Les plages, les volcans, les cascades restent dans le voyage. Mais à chaque étape, il y a une vraie rencontre, à leurs conditions à elles.
NAMÚ veut dire jaguar en bribri. C'est un animal vu comme passeur entre les mondes. C'est exactement ce que la marque essaie d'être : un pont, pas un revendeur.
Voyager avec NAMÚ, c'est rencontrer plutôt que consommer.
Comprendre plutôt que survoler.
Je suis suisse et costaricain. J'appartiens aux deux mondes. Ce n'est pas un argument marketing, c'est ce qui rend le projet possible.
Sans cette double culture, ce serait beaucoup plus difficile de gagner la confiance des communautés (pourquoi feraient-elles confiance à un étranger qui débarque ?), et aussi de parler aux voyageurs européens, parce qu'il faut comprendre leurs codes pour tenir une promesse exigeante.
Je ne prétends pas être le porte-parole de qui que ce soit. Je suis quelqu'un qui essaie de tendre un pont, en sachant que ce pont n'est légitime que si les deux rives veulent bien le traverser.
Quelques choix forts que j'assume, et qui éclairent peut-être mieux l'idée.
Ce qu'elles veulent montrer, ce qu'elles ne veulent pas, à quelle fréquence elles accueillent. Sans discussion. Si elles disent stop, on s'arrête immédiatement.
Évidemment, mon travail existe parce que cette rencontre intéresse des gens, je ne le nie pas. Mais ce que je vends, c'est mon métier : l'organisation, la logistique, l'accompagnement, la mise en relation, l'expérience terrain. Pas les rituels, pas les traditions, pas l'artisanat. Ce qu'ils proposent leur appartient, les revenus leur reviennent directement, et ils décident de ce qui est partagé et comment. C'est ça qui fait la différence entre accompagner et exploiter.
Un « cercle d'apprentissage » accessible à la majorité des voyageurs, en bordure des territoires, pédagogique, cadré, assumé comme tel. Et un « cercle d'immersion » rare, au cœur des communautés, où le plafond est fixé de manière plus stricte, parfois quelques voyageurs par an, parfois aucun. Là, on n'arrive plus avec un programme : on s'installe, on échange, et ce qui se passe se passe, un coup de main avec la cuisine, avec autre chose, de manière spontanée.
L'architecture exacte de ces deux cercles est encore en construction. Elle se définira avec les communautés sur place, pas depuis un bureau.
Le minimum, c'est douze jours sur place. En dessous, pas le temps de la rencontre. Ce sont des voyages haut de gamme, parce que rémunérer les communautés justement et avancer lentement, ça coûte.
Ce qui se paie chez NAMÚ, c'est la rareté éthique, pas l'ostentation. Le haut de gamme ne se mesure pas au confort matériel : il se mesure à la qualité du passage (accompagnement, accès, récit, mise en relation, etc). Selon les territoires, l'hébergement peut être simple ou raffiné. La démarche, ce qui compte, reste la même.
Je filtre par les échanges avant le voyage. Ce que je cherche à repérer : ceux qui ne voient pas pourquoi on demande avant de photographier, ceux qui essaient déjà de négocier les prestations fixées par les communautés, ceux qui arrivent avec des jugements tout faits sur un mode de vie qu'ils ne connaissent pas.
Ce filtrage protège les communautés, et les critères sont co-construits avec elles. Ce sont elles qui décident de ce qui est acceptable chez elles, pas moi, et encore moins le voyageur de passage.
(La vraie question, ce n'est pas « est-ce que c'est normal chez moi ? », mais « qu'est-ce qui justifie cette pratique ? ». La chasse pour se nourrir, par exemple, a souvent un impact écologique et éthique bien plus faible que ce que le voyageur consomme chez lui sans y penser. Je ne dis pas que tout est acceptable au nom de la culture, il y a des limites à ne pas dépasser au nom de l'intégrité. Mais entre ces limites et le réflexe de juger tout ce qui nous dépayse, il y a un immense écart. Dans cet écart, les pratiques et traditions tiennent la route éthiquement, souvent mieux que les nôtres. Il faut juste prendre le temps de comprendre avant de juger.)
Tout ce qui précède pourrait n'être que des intentions. Pour que la promesse ne se réduise pas à un beau discours, deux engagements structurels la portent.
Au-delà des revenus que les communautés tirent directement de leurs propres prestations, une part fixe et publique de ce que je gagne sur chaque séjour organisé leur revient aussi. Le pourcentage est annoncé, audité, et publié chaque année. On peut me poser la question : je dois pouvoir y répondre par un chiffre.
Un conseil composé de référents issus des communautés partenaires, avec un pouvoir réel : droit de veto sur tout ce qui concerne directement leur communauté (contenus, voyageurs, fréquence), mais aussi sur les choix stratégiques majeurs de NAMÚ, partenariats, communication. La composition exacte, le rythme, les modalités : tout cela sera défini avec les communautés sur place, pas pré-décidé.
Ces deux engagements existent pour une raison simple : c'est ce qui distingue structurellement NAMÚ d'une marque qui se contenterait de parler éthique. Sans ces verrous, le discours s'érode avec le temps. Avec eux, le modèle se tient, ou s'effondre publiquement.
Un client me contacte. On échange sur ce qu'il cherche, combien de temps il a, pourquoi un voyage comme celui-là — ce qui l'a amené à vouloir autre chose que ce que les agences habituelles proposent, ce qu'il espère comprendre, ce qu'il est prêt à vivre. Je construis un itinéraire sur mesure. Avant de proposer quoi que ce soit, je contacte chaque communauté — je leur présente qui vient, quand, pour combien de temps — et je leur demande si c'est le bon moment pour elles. Si elles disent oui, le voyage prend forme. Je m'occupe des vols, des hébergements, des transports et du document de voyage. Sur place, ce sont elles qui reçoivent, à leur rythme, selon ce qu'elles ont choisi de transmettre.
Ce que ça donne en pratique : un temps dans le territoire bribri de Talamanca — remonter la rivière en canoë, s'asseoir autour du cacao, écouter ce que les plantes ont à dire. Le programme se fixe en amont ou se construit sur place, selon le rythme de la communauté. Puis les plages de la région, le temps de souffler. Une nouvelle étape, un autre acteur : un fermier qui montre comment traire une vache, une famille autour d'un feu de cuisine, une plantation de café dont on comprend enfin la logique. On marche vers un volcan, on visite un centre de sauvetage animalier, on s'assoit avec une communauté cabécar ou boruca pour entendre ce qu'elle porte — sa cosmovision, ses traditions, ce qu'elle choisit de révéler. Et ainsi de suite, selon le temps du voyage. Chaque étape est confirmée avec les acteurs locaux avant d'être proposée au client.
Je ne te raconte pas une histoire propre. Il y a des contradictions dans ce projet, et je préfère te les nommer maintenant. Si tu en vois d'autres, je veux les entendre.
Donner de la visibilité à une culture, c'est l'exposer à des regards qui peuvent l'abîmer. Mais le silence n'est pas neutre : il laisse les communautés seules face aux pressions qui les cernent : pillage des ressources, accaparement des terres, folklorisation par d'autres.
Je veux montrer la beauté et la vitalité de ces cultures, sans les réduire à leurs combats, ni tomber dans la carte postale qui masque les luttes réelles. Je n'ai pas de réponse parfaite à ça. Je crois qu'il faut tenir compte de ces dimensions, imparfaitement, et laisser les communautés décider de ce qui se montre. La tension reste, et elle est réelle.
Plus je fais bien mon travail, plus une communauté peut devenir dépendante des revenus que NAMÚ WAYS apporte. Le droit de dire stop devient alors théorique : comment dire stop si ça veut dire perdre une part importante de tes revenus ?
L'idée, à terme, c'est que mon activité ne soit pas une fin en soi, mais qu'elle aide à soutenir d'autres manières de vivre (projets agricoles, artisanaux, éducatifs), ou tout ce que les communautés voudront mettre en place pour ne pas dépendre du tourisme. Mais ces choix-là ne se décident pas seul. Ils se construisent, dans le temps, à leur rythme. Je n'ai pas la réponse toute faite, j'ai la volonté d'en discuter, et l'engagement de ne pas faire semblant que la contradiction n'existe pas.
J'ai déjà prévu des garde-fous (croissance du volume jamais proposée, sortie progressive en cas d'arrêt), mais le risque ne disparaît pas. Il se travaille.
À force d'organiser des rencontres, le risque existe qu'une communauté finisse, sans mauvaise intention, par jouer une version d'elle-même qui correspond à ce que les voyageurs attendent. Ce serait une réponse rationnelle à une demande, pas une faute morale. C'est précisément pour ça que les deux cercles existent : le cercle d'apprentissage assume une forme de chorégraphie pédagogique ; le cercle d'immersion, lui, doit rester libre. Et dans les deux cas, la question sera posée explicitement aux communautés, chaque année : « est-ce que vous sentez que vous jouez un rôle ? Si oui, lequel, et est-ce ok pour vous ? »
Un interlocuteur au sein d'une communauté ne représente pas forcément sa communauté. Il peut agir pour son propre compte, sans consulter les siens. Pour limiter ce risque, NAMÚ cherche à travailler avec plusieurs acteurs au sein de chaque communauté, et à s'appuyer sur des associations locales quand elles existent. Ce n'est pas une garantie absolue. C'est une vigilance à maintenir.
Je suis costaricain par mon père, mais je n'appartiens à aucun peuple originaire. Quelle est ma place dans ce récit ? Je crois qu'elle est celle d'un passeur, pas forcément d'un porte-parole. Mais c'est à vérifier en permanence, et c'est aussi pour ça que je tiens à ce que les voix des communautés soient portées par elles-mêmes. C'est aussi pour ça que le conseil de référents communautaires n'est pas optionnel.
J'ai préparé un formulaire — quelques questions, aucune obligatoire.
Tu réponds en quelques lignes ou de manière plus développée, comme tu veux.
Et surtout : quelles questions poserais-tu sur place, en territoire bribri ?
Répondre au formulaire →Ce projet n'avancera pas sans des conversations comme celle qu'on est en train d'avoir là, via ce document.
Prends ton temps pour répondre. Quelques lignes suffisent, ou un petit audio sur WhatsApp.
Email : namu.ways@outlook.com
Hola,
Llevo un tiempo trabajando en un proyecto que se llama NAMÚ WAYS.
Es una marca de viaje de autor (por no decir agencia), dedicada a Costa Rica, pero con un enfoque poco habitual. Antes de lanzarme de verdad, y justo antes de salir al terreno para conocer comunidades el mes que viene (junio 2026), me gustaría tener tu mirada sobre esto.
Este documento no es un plan de negocios. Tampoco es un documento de comunicación oficial. Es una manera lo más sencilla posible de contarte una idea no tan sencilla: por qué existe, qué intenta hacer, sin grandes rodeos.
Lo que me interesa: lo que te evoca, lo que te parece sólido, lo que te incomoda, y lo que quizás harías diferente.
Necesito tus comentarios. Honestos. Aunque sean críticos, sobre todo si son críticos.
Lo más importante lo encontrarás al final: algunas preguntas que me hago y que me gustaría que me ayudaras a profundizar. Pero no dudes en traer las tuyas.
Gracias de antemano por el tiempo que le vas a dedicar.
Muchos viajeros vuelven de Costa Rica con la sensación de que no hay realmente cultura, de que todo está «occidentalizado o estandarizado». Es falso. Son los circuitos clásicos los que producen esa impresión.
Costa Rica se ha convertido en un destino muy de moda. Es algo bueno para el país, pero también ha estandarizado la experiencia. El país deslumbra por su naturaleza, las playas, los volcanes, los parques nacionales, y muchos viajeros regresan encantados. Pero a menudo sienten que les falta una conexión más profunda con la cultura del país.
Lo que se diluye en ese movimiento es la cultura viva de Costa Rica. Los pueblos originarios, Bribri, Boruca, Cabécar, etc. Las comunidades rurales. Las personas que todavía portan una memoria, unos saberes, una manera de estar en el mundo, la filosofía «Pura Vida».
Todo eso ocurre entre las etapas del viaje, y los circuitos turísticos clásicos nunca lo rozan.
NAMÚ Ways intenta abrir un camino hacia esa cultura viva. Pero con una lógica invertida respecto al turismo habitual.
Todo partió de una pregunta, formulada a las comunidades:
«¿Qué les entusiasmaría compartir con los visitantes?»
Esa pregunta lo cambia todo. En lugar de decidir lo que los viajeros «deberían ver», partimos de lo que las comunidades tienen ganas de revelar. De lo que nace de su orgullo, de su ritmo, de su cultura viva.
En el turismo habitual, la agencia fabrica productos, el viajero elige en un catálogo, la comunidad visitada se adapta a la demanda.
En NAMÚ es al revés: son las comunidades quienes deciden lo que quieren compartir: qué, cuándo, con quién, cuántas veces. Si dicen basta, nos detenemos.
Las playas, los volcanes, las cascadas siguen en el viaje. Pero en cada etapa hay un encuentro verdadero, en sus propias condiciones.
NAMÚ significa jaguar en bribri. Es un animal visto como guía entre mundos. Eso es exactamente lo que la marca intenta ser: un puente, no un revendedor.
Viajar con NAMÚ es encontrarse más que consumir.
Comprender más que sobrevolar.
Soy suizo y costarricense. Pertenezco a los dos mundos. No es un argumento de marketing, es lo que hace posible el proyecto.
Sin esa doble cultura, sería mucho más difícil ganarme la confianza de las comunidades (¿por qué confiarían en un extranjero que llega?), y también hablar con los viajeros europeos, porque hay que entender sus códigos para cumplir una promesa exigente.
No pretendo ser el portavoz de nadie. Soy alguien que intenta tender un puente, sabiendo que ese puente solo es legítimo si las dos orillas quieren cruzarlo.
Algunas decisiones firmes que asumo, y que quizás iluminan mejor la idea.
Lo que quieren mostrar, lo que no quieren, con qué frecuencia reciben. Sin discusión. Si dicen basta, nos detenemos de inmediato.
Obviamente, mi trabajo existe porque ese encuentro le interesa a la gente, no lo niego. Pero lo que vendo es mi oficio: la organización, la logística, el acompañamiento, la puesta en contacto, la experiencia sobre el terreno. No los rituales, no las tradiciones, no la artesanía. Lo que ellos ofrecen les pertenece, los ingresos les vuelven directamente, y ellos deciden qué se comparte y cómo. Eso es lo que distingue acompañar de explotar.
Un «círculo de aprendizaje» accesible a la mayoría de los viajeros, en los límites de los territorios, pedagógico, encuadrado, asumido como tal. Y un «círculo de inmersión» raro, en el corazón de las comunidades, donde el límite se fija de manera más estricta, a veces unos pocos viajeros al año, a veces ninguno. Allí ya no se llega con un programa: uno se instala, intercambia, y lo que ocurre ocurre, una mano en la cocina, con otra cosa, de manera espontánea.
La arquitectura exacta de estos dos círculos está aún en construcción. Se definirá con las comunidades sobre el terreno, no desde un despacho.
El mínimo son doce días sobre el terreno. Por debajo, no hay tiempo para el encuentro. Son viajes de alto nivel, porque remunerar justamente a las comunidades y avanzar despacio tiene un coste.
Lo que se paga en NAMÚ es la rareza ética, no la ostentación. El alto nivel no se mide por el confort material: se mide por la calidad del paso (acompañamiento, acceso, relato, puesta en contacto, etc). Según los territorios, el alojamiento puede ser sencillo o refinado. La manera de hacer, lo que importa, sigue siendo la misma.
Filtro mediante los intercambios previos al viaje. Lo que busco detectar: quienes no entienden por qué pedimos permiso antes de fotografiar, quienes ya intentan negociar los servicios fijados por las comunidades, quienes llegan con juicios hechos sobre un modo de vida que no conocen.
Ese filtrado protege a las comunidades, y los criterios se co-construyen con ellas. Son ellas quienes deciden lo que es aceptable en su territorio, no yo, y mucho menos el viajero de paso.
(La pregunta real no es «¿es esto normal donde yo vivo?», sino «¿qué justifica esta práctica?». La caza para alimentarse, por ejemplo, tiene a menudo un impacto ecológico y ético mucho menor que lo que el viajero consume en casa sin pensarlo. No digo que todo sea aceptable en nombre de la cultura, hay límites que no se deben cruzar en nombre de la integridad. Pero entre esos límites y el reflejo de juzgar todo lo que nos resulta ajeno, hay un abismo enorme. En ese espacio, las prácticas y tradiciones se sostienen éticamente, a menudo mejor que las nuestras. Solo hace falta tomarse el tiempo de comprender antes de juzgar.)
Todo lo anterior podría no ser más que intenciones. Para que la promesa no se reduzca a un bello discurso, dos compromisos estructurales la sostienen.
Más allá de los ingresos que las comunidades obtienen directamente de sus propias prestaciones, una parte fija y pública de lo que yo gano en cada estadía organizada también les corresponde. El porcentaje se anuncia, se audita y se publica cada año. Se me puede preguntar: debo poder responder con una cifra.
Un consejo compuesto por referentes de las comunidades asociadas, con un poder real: derecho de veto sobre todo lo que concierne directamente a su comunidad (contenidos, viajeros, frecuencia), pero también sobre las decisiones estratégicas mayores de NAMÚ: alianzas, comunicación. La composición exacta, el ritmo, las modalidades: todo eso se definirá con las comunidades sobre el terreno, no de antemano.
Estos dos compromisos existen por una razón sencilla: es lo que distingue estructuralmente a NAMÚ de una marca que se contentara con hablar de ética. Sin esos cerrojos, el discurso se erosiona con el tiempo. Con ellos, el modelo se sostiene, o se derrumba públicamente.
Un cliente me contacta. Hablamos sobre lo que busca, cuánto tiempo tiene, por qué un viaje así — qué le llevó a querer algo diferente de lo que ofrecen las agencias habituales, qué espera comprender, qué está dispuesto a vivir. Construyo un itinerario a medida. Antes de proponer nada, contacto a cada comunidad — les presento quién viene, cuándo, por cuánto tiempo — y les pregunto si es el momento adecuado para ellas. Si dicen sí, el viaje toma forma. Me encargo de los vuelos, los alojamientos, los transportes y el documento de viaje. Sobre el terreno, son ellas quienes reciben, a su ritmo, según lo que han elegido transmitir.
En la práctica: un tiempo en el territorio bribri de Talamanca — remontar el río en canoa, sentarse alrededor del cacao, escuchar lo que las plantas tienen que decir. El programa se fija de antemano o se construye sobre el terreno, según el ritmo de la comunidad. Luego las playas de la región, para tomar aliento. Una nueva etapa, otro actor: un agricultor que muestra cómo ordeñar una vaca, una familia alrededor del fuego de la cocina, una plantación de café cuya lógica por fin se comprende. Se sube hacia un volcán, se visita un centro de rescate animal, se sienta uno con una comunidad cabécar o boruca para escuchar lo que porta — su cosmovisión, sus tradiciones, lo que elige revelar. Y así sucesivamente, según el tiempo del viaje. Cada etapa se confirma con los actores locales antes de proponerse al cliente.
No te cuento una historia limpia. Hay contradicciones en este proyecto, y prefiero nombrarlas ahora. Si ves otras, quiero escucharlas.
Dar visibilidad a una cultura es exponerla a miradas que pueden dañarla. Pero el silencio no es neutro: deja a las comunidades solas frente a las presiones que las rodean: pillaje de recursos, acaparamiento de tierras, folklorización por parte de otros.
Quiero mostrar la belleza y la vitalidad de estas culturas, sin reducirlas a sus luchas, ni caer en la postal que oculta las realidades difíciles. No tengo una respuesta perfecta. Creo que hay que tener en cuenta estas dimensiones, imperfectamente, y dejar que las comunidades decidan qué se muestra. La tensión persiste, y es real.
Cuanto mejor hago mi trabajo, más puede una comunidad volverse dependiente de los ingresos que NAMÚ WAYS aporta. El derecho a decir basta se vuelve entonces teórico: ¿cómo decir basta si eso significa perder una parte importante de tus ingresos?
La idea, a largo plazo, es que mi actividad no sea un fin en sí mismo, sino que ayude a sostener otras formas de vida (proyectos agrícolas, artesanales, educativos), o lo que las comunidades quieran poner en marcha para no depender del turismo. Pero esas decisiones no se toman solo. Se construyen, en el tiempo, a su ritmo. No tengo la respuesta hecha, tengo la voluntad de discutirlo, y el compromiso de no fingir que la contradicción no existe.
Ya he previsto salvaguardas (crecimiento del volumen jamás propuesto, salida progresiva en caso de cierre), pero el riesgo no desaparece. Se trabaja.
A fuerza de organizar encuentros, existe el riesgo de que una comunidad acabe, sin mala intención, interpretando una versión de sí misma que corresponde a lo que los viajeros esperan. Sería una respuesta racional a una demanda, no una falta moral. Es precisamente para eso que existen los dos círculos: el círculo de aprendizaje asume una forma de coreografía pedagógica; el círculo de inmersión, en cambio, debe permanecer libre. Y en ambos casos, la pregunta se formulará explícitamente a las comunidades, cada año: «¿Sienten que están interpretando un papel? Si es así, ¿cuál, y están bien con eso?»
Un interlocutor dentro de una comunidad no representa necesariamente a su comunidad. Puede actuar por cuenta propia, sin consultar a los suyos. Para limitar este riesgo, NAMÚ busca trabajar con varios actores dentro de cada comunidad, y apoyarse en asociaciones locales cuando existen. No es una garantía absoluta. Es una vigilancia que hay que mantener.
Soy costarricense por mi padre, pero no pertenezco a ningún pueblo originario. ¿Cuál es mi lugar en este relato? Creo que es el de un puente, no necesariamente el de un portavoz. Pero eso hay que verificarlo permanentemente, y es también por eso que me importa que las voces de las comunidades sean portadas por ellas mismas. Es también por eso que el consejo de referentes comunitarios no es opcional.
He preparado un formulario — algunas preguntas, ninguna obligatoria.
Responde en pocas líneas o de manera más desarrollada, como quieras.
Y sobre todo: ¿qué preguntas harías sobre el terreno, en territorio bribri?
Responder al formulario →Este proyecto no avanzará sin conversaciones como la que estamos teniendo aquí, a través de este documento.
Tómate tu tiempo para responder. Unas líneas bastan, o un pequeño audio de WhatsApp.
Email : namu.ways@outlook.com
Hi,
I've been working for a while on a project called NAMÚ WAYS.
It's an independent travel brand (rather than an agency), dedicated to Costa Rica, but with an unusual approach. Before I truly launch, and just before heading into the field to meet communities next month (June 2026), I'd like to hear your thoughts.
This isn't a business plan. It's not an official communication document either. It's the simplest way I could find to tell you about an idea that isn't so simple: why it exists, what it's trying to do, without all the fluff.
What I'm looking for: what it evokes for you, what seems solid, what unsettles you, and what you might do differently.
I need your feedback. Honest feedback. Critical feedback, especially if it's critical.
The most important part is at the end: a few questions I've been sitting with, and that I'd love your help in exploring. But feel free to bring your own.
Thank you in advance for the time you're about to give this.
Many travelers come back from Costa Rica feeling like there isn't really a local culture, that everything is «westernized or standardized». That's false. It's the classic travel circuits that produce that impression.
Costa Rica has become a very fashionable destination. That's mostly a good thing for the country, but it has also standardized the experience. The country dazzles through its nature: beaches, volcanoes, national parks, and many travelers come back enchanted. But they often feel they're missing a deeper connection to the country's culture.
What gets diluted in all of this is the living culture of Costa Rica. The indigenous peoples: Bribri, Boruca, Cabécar, and others. The rural communities. The people who still carry a memory, a knowledge, a way of being in the world, the «Pura Vida» philosophy.
All of that happens between the stops on the itinerary, and classic tourist circuits never touch it.
NAMÚ Ways tries to open a path toward this living culture. But with a reversed logic compared to conventional tourism.
It all started with a question, asked to the communities:
«What would you be enthusiastic about sharing with visitors?»
That question changes everything. Instead of deciding what travelers «should see», we start from what the communities genuinely want to reveal. What comes from their pride, their rhythm, their living culture.
In conventional tourism, the agency builds products, the traveler picks from a catalogue, the visited community adapts to the demand.
At NAMÚ, it's the reverse: the communities decide what they want to share: what, when, with whom, how often. If they say stop, we stop.
The beaches, the volcanoes, the waterfalls still feature in the journey. But at every step, there is a real encounter, on their terms.
NAMÚ means jaguar in Bribri. It's an animal seen as a guide between worlds. That's exactly what the brand tries to be: a bridge, not a reseller.
Traveling with NAMÚ means encountering rather than consuming.
Understanding rather than skimming the surface.
I'm Swiss and Costa Rican. I belong to both worlds. That's not a marketing argument — it's what makes the project possible.
Without that double culture, gaining the trust of communities would be much harder (why would they trust a stranger who just shows up?), and speaking to European travelers would be harder too, because you need to understand their codes to hold an exacting promise.
I don't claim to speak for anyone. I'm someone who tries to build a bridge, knowing that bridge is only legitimate if both sides are willing to cross it.
A few strong choices I'm standing behind, which might help clarify the idea.
What they want to show, what they don't, how often they welcome visitors. No negotiation. If they say stop, we stop immediately.
Obviously, my work exists because that encounter interests people. I'm not denying that. But what I sell is my craft: organization, logistics, facilitation, introductions, on-the-ground expertise. Not rituals, not traditions, not crafts. What they offer belongs to them, the revenue goes to them directly, and they decide what's shared and how. That's the difference between accompanying and exploiting.
A «learning circle» accessible to most travelers, at the edges of the territories, educational, structured, and acknowledged as such. And a rare «immersion circle», at the heart of the communities, where the limit is set more strictly: sometimes a handful of travelers per year, sometimes none. There, you don't arrive with a program: you settle in, exchange, and what happens, happens. A hand in the kitchen, something else, spontaneously.
The exact architecture of these two circles is still being built. It will be defined with the communities on the ground, not from a desk.
The minimum is twelve days on the ground. Less than that, there's no time for a real encounter. These are high-end trips, because fairly compensating communities and moving slowly has a cost.
What you pay for at NAMÚ is ethical rarity, not ostentation. The high-end experience isn't measured by material comfort: it's measured by the quality of the passage (accompaniment, access, storytelling, introductions, etc). Depending on the territory, accommodation might be simple or refined. The approach, which is what matters, stays the same.
I filter through conversations before the trip. What I look for: those who don't understand why you ask before photographing, those who try to negotiate services set by the communities, those who arrive with ready-made judgments about a way of life they don't know.
This filtering protects the communities, and the criteria are co-built with them. They decide what's acceptable in their territory, not me, and certainly not the passing traveler.
(The real question isn't «is this normal where I come from?», but «what justifies this practice?». Hunting for food, for example, often has a far smaller ecological and ethical impact than what the traveler consumes at home without thinking. I'm not saying everything is acceptable in the name of culture: there are lines that shouldn't be crossed in the name of integrity. But between those lines and the reflex of judging anything unfamiliar, there's an enormous gap. In that gap, practices and traditions hold up ethically, often better than our own. You just need to take the time to understand before judging.)
Everything above could be nothing more than intentions. For the promise not to collapse into beautiful words, two structural commitments hold it up.
Beyond the revenue communities earn directly from their own services, a fixed and public share of what I earn from every organized stay also goes back to them. The percentage is announced, audited, and published every year. Anyone can ask me: I must be able to answer with a number.
A council made up of representatives from partner communities, with real power: veto rights over everything directly concerning their community (content, travelers, frequency), and also over NAMÚ's major strategic decisions: partnerships, communication. The exact composition, rhythm, and modalities will all be defined with the communities on the ground, not decided in advance.
These two commitments exist for a simple reason: they're what structurally distinguishes NAMÚ from a brand that would settle for talking about ethics. Without these locks, the discourse erodes over time. With them, the model holds, or collapses publicly.
A client contacts me. We talk about what they're looking for, how much time they have, why a trip like this one — what led them to want something different from what conventional agencies offer, what they hope to understand, what they're ready to experience. I build a tailor-made itinerary. Before proposing anything, I contact each community — I introduce who's coming, when, for how long — and I ask if it's the right moment for them. If they say yes, the journey takes shape. I handle the flights, accommodation, transport and travel document. On the ground, it's the communities who receive, at their own pace, according to what they've chosen to share.
In practice: time in the Bribri territory of Talamanca — paddling up the river by canoe, sitting together around the cacao, listening to what the plants have to say. The program is set in advance or built on the spot, according to the community's rhythm. Then the beaches of the region, time to breathe. A new stage, another actor: a farmer showing how to milk a cow, a family around a kitchen fire, a coffee plantation whose logic you finally understand. A walk toward a volcano, a visit to an animal rescue center, time sitting with a Cabécar or Boruca community to hear what they carry — their cosmovision, their traditions, what they choose to reveal. And so on, according to the length of the journey. Every step is confirmed with local partners before being proposed to the client.
I'm not telling you a clean story. There are contradictions in this project, and I'd rather name them now. If you see others, I want to hear them.
Giving visibility to a culture means exposing it to gazes that could harm it. But silence isn't neutral: it leaves communities alone in the face of the pressures surrounding them: resource extraction, land grabbing, folklorization by others.
I want to show the beauty and vitality of these cultures without reducing them to their struggles, or falling into the postcard that masks the real fights. I don't have a perfect answer to that. I believe you have to hold these dimensions in mind, imperfectly, and let communities decide what gets shown. The tension remains, and it's real.
The better I do my job, the more a community might become economically dependent on what NAMÚ WAYS brings in. The right to say stop then becomes theoretical: how do you say stop if it means losing a significant part of your income?
The idea, eventually, is that my activity isn't an end in itself, but helps support other ways of living (agricultural, artisanal, educational projects), or whatever the communities want to put in place so they don't depend on tourism. But those choices can't be made alone. They're built, over time, at their pace. I don't have a ready answer. I have the will to talk about it, and the commitment not to pretend the contradiction doesn't exist.
I've already put safeguards in place (volume growth never suggested, gradual exit in case of closure), but the risk doesn't disappear. It gets worked on.
By continually organizing encounters, the risk exists that a community ends up, without bad intent, performing a version of itself that matches what travelers expect. That would be a rational response to demand, not a moral failing. That's precisely why the two circles exist: the learning circle accepts a form of pedagogical choreography; the immersion circle, however, must stay free. And in both cases, the question will be asked explicitly to communities, every year: «Do you feel like you're playing a role? If so, which one, and is that okay with you?»
A contact within a community doesn't necessarily represent that community. They may be acting on their own behalf, without consulting the others. To limit this risk, NAMÚ seeks to work with multiple actors within each community, and to rely on local associations where they exist. It's not an absolute guarantee. It's a vigilance to maintain.
I'm Costa Rican through my father, but I don't belong to any indigenous people. What is my place in this story? I believe it's that of a bridge-builder, not necessarily a spokesperson. But that needs to be verified constantly, and it's also why I'm committed to making sure the voices of communities are carried by the communities themselves. It's also why the community advisory council isn't optional.
I've put together a short form — a few questions, none of them mandatory.
Answer in a few lines or more, however feels right.
And especially: what questions would you ask on the ground, in Bribri territory?
Fill in the form →This project won't move forward without conversations like the one we're having here, through this document.
Take your time responding. A few lines are enough, or a short WhatsApp audio.
Email : namu.ways@outlook.com